Journée d’étude « Santé humaine et animale dans le passé : approches archéologiques et historiques »

Parmi les risques auxquels les sociétés du passé ont été confrontées, les maladies humaines et animales ont été étudiées selon deux axes.

Porteur de projet

Lydie Dussol (UCA, CEPAM)

Partenaires

  • Thomas Camagny, CEPAM
  • Anne-Marie Gomez, CEPAM
  • Aurélie Liard, CEPAM
  • Karine Deharbe, ERMESS
  • Stéphanie Maccagnan, ERMESS
  • Isabelle Séguy, CEPAM
  • Luana Batista, CEPAM
  • Oussama Baker, ArchéOrient
  • Annelise Binois, Université Paris 1, ArScAn
  • Sylvain Burri, TRACE
  • Bérangère Jossier, Service Archéologique de la métropole Nice Côte d’Azur
  • Romuald Mercurin, Service Archéologique de la métropole Nice Côte d’Azur
  • Sarah Watson, Université de McMaster, Ontario, Canada

Dates

10 décembre 2021

Sources de financement

Axe 5 de la MSHS, Equipe GRENES du CEPAM

Objectifs

Résumé :
Parmi les risques auxquels les sociétés du passé ont été confrontées, les maladies humaines et animales ont été étudiées selon deux axes. Le premier, paléo-démographique et paléo-épidémiologique, étudie les populations dans leur ensemble et examine l'impact économique et social des épidémies du passé. Un second axe plus anthropologique et culturel s'intéresse au quotidien des personnes face aux maladies et aux traumatismes qui, dans de nombreuses sociétés, sont intimement connectés aux aspects spirituels. Partant de cette double perspective, cette journée d’étude propose d’aborder la gestion du risque sanitaire dans les sociétés anciennes de manière interdisciplinaire, à travers les sources archéologiques et historiques. C’est précisément cette interdisciplinarité qui permet de reconstituer les anciennes pratiques médicales et vétérinaires, leurs aspects culturels et leurs enjeux sociétaux. 

Objectifs et méthodologie :
Cf. résumé

Actualités, événements

L’objectif de cette journée – aborder la gestion du risque sanitaire dans les sociétés passées à travers diverses approches complémentaires – a été atteint. Sept communications ont présenté des travaux de synthèse ou des cas d’étude en histoire, bioanthropologie, archéozoologie, archéobotanique et paléoparasitologie, s’étalant du début du Néolithique ancien (O. Baker) à la période contemporaine (S. Maccagnan et K. Deharbe), en passant par les sociétés précolombiennes d’Amérique centrale (S. Watson). La recherche de plus en plus fréquente de traces de pathogènes couplée à l’analyse de l’ADN ancien (O. Baker) ou de lésions osseuses sur les squelettes archéologiques (A. Binois ; Séguy et Batista) a considérablement éclairé notre vision des maladies et des traumatismes dans le passé. Les recherches les plus récentes dans ces domaines tendent à remettre en question d’anciennes hypothèses, notamment sur l’origine de certaines épizooties (O. Baker). Néanmoins, la revue des différentes approches méthodologiques mises en œuvre par les chercheurs a mis en évidence la difficulté à reconnaître et à caractériser les pratiques de soins intentionnels apportés aux humains et aux animaux à partir des seules évidences archéologiques. Pour cette raison, l’éclairage des sources historiques et ethnographiques est précieux, comme nous l’ont démontré A. Binois, S. Burri, B. Jossier et R. Mercurin, ou encore I. Séguy et L. Batista. L’ensemble de ces communications ont été très appréciées par le public composé de chercheurs et d’étudiants. Les discussions souvent passionnantes qui ont suivi chaque communication montrent que cette thématique de recherche suscite un vif intérêt, même chez les non spécialistes, et suggère que cette expérience pourrait être renouvelée dans l’avenir, par exemple lors d’une manifestation scientifique de plus grande envergure. Au-delà des aspects purement méthodologiques qui sont, comme dans tous les domaines de la recherche scientifique, en perpétuel développement, la question du rapport des sociétés à la santé et à la maladie renvoie fondamentalement à notre rapport à nous-mêmes. Le niveau et la qualité des soins prodigués par les humains à d’autres, semble traduire assez fidèlement l’importance qu’une société accorde à chaque entité sociale, hommes, femmes, enfants, riches ou pauvres, natifs ou étrangers, jeunes ou âgés, animaux d’élevage, de concours ou de compagnie, etc. Et cette importance a considérablement fluctué à travers les âges, au grès des changements culturels. La question que l’on peut se poser est la suivante : quelles valeurs fondamentales de nos sociétés modernes reflète notre gestion actuelle du risque pandémique et, d’une manière générale, notre système de soins, préventifs, curatifs et palliatifs ?

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